DATES

5 février 2015 – Théâtre Jacques Coeur, Lattes (34)

24 février 2014 – La Genette verte, Florac (48)

17 décembre 2013 – Le Périscope, Nîmes (30)

14, 15, 16 juin 2013 – Printemps des comédiens, Montpellier (34)

12 et 13 décembre 2102 – Amphi 5.6 Université des Science, Montpellier (34)

3 et 4 octobre 2012 – Théâtre La Vignette, Montpellier (34) / Festival Open

L'ÉQUIPE

Jeu
Amarine Brunet
Camille Daloz
Stéfan Delon
Julie Minck
Virgile Simon
Jean-Christophe Vermot-Gauchy

Conception / Mise en scène
Antoine Wellens

Conception / Dramaturgie
Marie Reverdy

Approche sociologique
Jean Constance

Production
Hélène Sorin

PRODUCTION

Production : Primesautier Théâtre

Avec l’aide de la DRAC Occitanie,
la Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée, le Conseil Général de l’Hérault et la ville de Montpellier.
Avec le soutien financier de l’Université Montpellier II et de l’Université d’Avignon.
En partenariat avec le CROUS de Montpellier, l’Université Montpellier III, La Baignoire et le Festival Hybrides 4.

L’Art (n’)E(s)T (pas) la Science ?

Une Création Documentaire

« Le monde est une illusion, l’Art est de présenter cette illusion au monde ».
Paul Virilio, Le futurisme de l’instant.

Après La vie de Galilée de Bertolt Brecht, la Compagnie, prenant au pied de la lettre cette réplique de Galilée : « Oui c’est écrit dans les livres mais allons maintenant voir par nous-mêmes », s’est immergée dans le milieu de la recherche scientifique afin de produire une création documentaire autour des rapports entre Arts, Sciences et Réel, avec la volonté de travailler le plus étroitement possible avec des chercheurs scientifiques et d’être au cœur de l’action. Volonté renforcée par notre parcours universitaire dont la valeur a toujours résidé dans le croisement entre théorie et pratique, nourrissant nos envies de théâtre autant que nos vies personnelles ; car, nous dit Brecht encore : « Ce que tu ne sais pas par toi-même, tu ne le sais pas. »

Nous avions fortement observé, pendant la création de La vie de Galilée, des rapprochements entre Arts et Science et nous avons souhaité questionner ce mariage en pleine expansion. La science provoque souvent chez la plupart d’entre nous un imaginaire fertile et pourtant, il nous semblait que nous passions fréquemment à côté des réelles problématiques et résurgences auxquelles elle induisait notre société. En effet, la démocratisation de la science pose de vraies questions éthiques (doit-on faire ce que l’on peut faire ?) dont nous n’avons très souvent, trop souvent qu’une vision parcellaire.

Durant notre année d’immersion à l’Université des Sciences Montpellier II, les acteurs ont suivi une piste de travail qui leur était propre : Financement de la recherche, Solitude et mathématiques, Paroles de chercheurs, Sciences et Religion, Botanique et biodiversité, Nanotechnologies… puis sont partis la mettre à l’épreuve du réel dans les laboratoires, sur le terrain, au contact de chercheurs, d’étudiants et de personnels administratifs de l’université.

Tandis que les acteurs menaient leurs recherches par « eux-mêmes », Marie Reverdy (dramaturge) et Jean Constance (sociologue) posaient des bases théoriques sur les rapports entre arts, sciences et réel, en s’intéressant aux modalités de description du réel par l’Art et la Science.

 Nous avons ensuite brassé ensemble les problématiques ouvertes par ces champs d’observation et de réflexion et les avons remis en perspective de manière sensible, utilisant la théorie, l’expérience, l’anecdote et le vécu comme « matière théâtralisable ».

 Nous avons enfin procédé au montage général de la pièce en faisant de nos réunions de travail dramaturgique la forme même de notre spectacle. Ceci nous a permis de convoquer ainsi les différentes problématiques liées à nos recherches et d’en débattre ensemble. Ces débats, soutenus par plusieurs modèles d’interactions possibles à incarner : « scientifiques – acteurs », « dramaturge – acteur », « acteur – metteur en scène », « acteur – acteur », « sociologue – acteur… » permettaient à chacun de passer de l’un à l’autre sous forme d’une table ronde théâtralisée, faisant une fois de plus du plateau un lieu de vie communautaire dédié au déploiement de la pensée. Nous avons cherché à ce que les rapports sociaux qu’entretiennent les acteurs entre eux créent une véritable dramaturgie avec la matière théorique et documentaire collectée. Le documentaire ne chassant pas le théâtre et le théâtre surgissant du documentaire.

« Il ne s’agit donc pas d’opposer le théâtral (sensible, créatif, beau mais fictif…) au documentaire (argumenté, raisonné, vrai mais peu attrayant…). Bref, il ne s’agit pas d’informer de façon ludique, faisant du pouvoir esthétique de la représentation une catégorie d’arguments, mais de dévoiler le mouvement de la pensée et non son résultat, de transmettre le processus de réflexion du comédien-chercheur et les effets que cela produit en lui. Ainsi, il conçoit qu’émotion et savoir sont liés et que la version du monde qu’il habite (et propose sous forme d’œuvre d’art), se construit dans cette complexité, car à chaque niveau de complexité naissent de nouvelles significations des entités considérées et une nouvelle expérience esthétique à explorer. Il montre le monde et l’œil qui le regarde. Il unifie réalité des émotions, du sensible et de l’intelligence avec l’évanescence d’un réel vécu, conscient de sa temporalité éphémère. » Marie Reverdy / Actes de résidence N°1.

Par ce procédé, toutes ces interactions reflètent alors les rapports établis entre tous les participants de ce processus de création et leurs recherches, leurs attitudes éthiques et sociales sont ainsi rendues lisibles dans l’espace de la représentation.

©F.Augié

Une Compagnie en résidence

Le théâtre documentaire comme outil de réflexion
pour penser le quotidien et sa mise en scène

Pour mener à bien cette création documentaire, la Compagnie a fait de l’Université des Sciences Montpellier II son lieu de résidence à l’année. En partenariat avec le Pôle Culture de l’UM2, l’équipe primesautière a proposé un projet global cohérent avec son processus de création documentaire.

1 / Observations et rencontres : les Acteurs-Chercheurs

Chaque acteur du Primesautier Théâtre s’est associé à un ou plusieurs chercheurs, chercheurs/enseignants de l’UM2, et, par extension, du CNRS, du CIRAD, de l’INRA… afin de se confronter à leur réalité quotidienne et ainsi vérifier ses hypothèses, ses « fantasmes » et présupposés sur ce monde de la science. Aller à la rencontre de ceux qui pourront nous éclairer sur notre sujet, tant sur le plan théorique que sur celui de l’expérience et du vécu, et maintenir un état de curiosité permanente afin de ne jamais clore l’état d’apprentissage.

Suite à ces rencontres, ces échanges et observations de terrain, les acteurs ont proposé des comptes rendus artistiques de leurs expériences qui ont été mis en perspective dans la trame dramaturgique du spectacle.

– Amarine Brunet a travaillé en lien étroit avec des membres du personnel administratif de l’Université sur l’aspect politique du financement de la recherche.

– Stefan Delon a exploré « la solitude du chercheur – le doute de l’escargot » par la rencontre atypique avec Thomas Hausburger, chercheur en philosophie des Mathématiques.

– Camille Daloz a travaillé sur le sujet polémique des nanotechnologies.

– Julie Minck a décortiqué les rapports entre Science et Religion avec Henri Reboul (cosmologue/astrophysicien).

– Virgile Simon s’est intéressé à la biologie végétale auprès du chercheur Éric Imbert avec qui il est parti en observation sur le domaine de La Clape.

– Jean-Christophe Vermot-Gauchy a décidé d’établir, sous l’appellation « Ramène pas ta Science », un questionnaire sur les rapports entre Arts et Sciences qu’il a fait circuler auprès d’une vingtaine de personnes (chercheurs, étudiants, personnel administratif…)

2 / Les laboratoires de recherches documentaires et théâtrales

Antoine Wellens et Virgile Simon ont créé sur deux ans, en partenariat avec le Pôle Culture de l’UM2 et le CROUS de Montpellier, deux projets de théâtre documentaire qui ont été représentés dans l’Amphi 5.6 de l’UM2 dans le cadre du festival Hybrides-3 et Hybrides-4.

C’est quoi un étudiant en sciences aujourd’hui ? : c’est par cette question volontairement ouverte et naïve qu’ils ont cherché à définir avec de jeunes étudiants exclusivement inscrits dans un parcours scientifique quel pouvait être leur « réel ». Ils leur ont demandé de prendre le risque de parler d’eux-mêmes à l’autre, de leur vocation, de leur avenir, de leur intimité, pour faire de la science et de leur propre personne le matériau même de ce théâtre, et de le jouer pour rendre la fiction plus réelle encore.

Excuse-moi mais je suis d’accord avec toi ! : l’année suivante et avec les mêmes méthodes, ils ont poursuivi cette recherche avec un groupe d’étudiants en Sciences et un groupe d’étudiants en Art.  « La science est-elle une forme d’art ? » c’est par cette question qu’ils ont tenté de confronter et d’approfondir avec eux les points de jonction entre recherche scientifique et recherche artistique, à les faire s’interroger sur les différences et les points communs inhérents à leur cursus, sur la communauté étudiante dans laquelle ils évoluent. Le tout afin de connaître leur regard porté sur la matière qu’ils étudient et l’ « œil » qu’ils  « jettent » sur le monde.

D’autres labos de durées plus courtes ont étés menés au sein des deux universités avec des étudiants sans donner toutefois lieu à des spectacles.

3 / Rencontres – Débats – Tables rondes et Projections publiques

Pendant toute la durée de la résidence, le Primesautier Théâtre a organisé une série de rencontres, répétitions ouvertes et projections de films comme autant d’occasions de présenter ses recherches en cours et d’échanger sur les dernières avancées scientifiques. Antoine Wellens a participé ainsi à plusieurs sessions du Bar des Sciences. Marie Reverdy a donné une conférence sur Dramaturgie et cognition. Le film Alphaville de J.L Godard a été projeté suivi d’un débat.

4 / Les actes de résidences

Marie Reverdy et Jean Constance ont écrit, en amont et tout au long de la résidence, des articles théoriques autour de « Arts et sciences » et « Arts et réel ». Ils ont également œuvré à la théorisation du travail de recherche de la Compagnie. Ces articles ont été édités et distribués au public lors des différents « work in progress » qui ont accompagné cette création.

A noter aussi que durant la résidence, chaque acteur de la Compagnie a signé un édito du mensuel culturel édité par le Pôle Culture afin de faire le point sur son expérience, ses recherches et ses découvertes quant à la vie quotidienne sur le campus.

 

 

 

 

Résumé / Extrait

L’Art (n’) E(s)T (pas) la Science ? C’est à partir de cette (double) interrogation que le Primesautier théâtre invite à observer les rapprochements qui se produisent aujourd’hui entre les domaines artistiques et scientifiques. Observation critique, puisque cette création travaille tant les lignes de continuité que les points de rupture de ces champs disciplinaires. Mais également observation ludique, qui ne sacrifie en rien le plaisir du jeu et de la découverte. C’est avec l’exigence de “montrer le monde et l’oeil qui le regarde” que les acteurs de la Compagnie entrent sur le plateau pour mener une réunion afin d’évoquer ensemble l’état de leurs recherches et les possibilités de leur spectacle. Très vite, l’ordre du jour est établi et le débat communautaire s’enflamme. Il déploie avec toutes les formes de mauvaise foi possible une série d’argumentaires sur les liens ténus qu’entretiennent Arts, Sciences et réel. Les acteurs se demandent si, comme le dit Jean-Marc Levy-Leblond, “Art et Science n’ont peut-être pas en commun de dévoiler un peu de l’opacité du monde”.

Extrait : L’Ordre du Jour

CAMILLE : il s’agirait de suivre ici une ligne de conduite, moi je vous propose un ordre du jour avec des points définis…  Donc, ce que je vous propose en premier point ce serait : chacun va parler, en son nom, sur ses envies de travail, s’exprimer et définir ce qu’on fait là ? (Silence / regards) En deuxième point, se poser la question, c’est une thématique principale de ce spectacle…c’est… qu’est-ce que le réel ? (Silence / regards) A partir de ce réel-là qu’on aura posé, défini, on va l’élever…Et on va en tirer deux points…ces deux points, ce seront l’art et la science et ensuite on voit quels sont les liens et les liants entre science et art mais aussi entre science et réel et art et réel et ensuite voir comment ils se rencontrent ? Qu’est-ce qu’ils se disent ?… c’est tout bêtement le Triumvirat. (Silence / regards) En 5, quels sont les enjeux esthétiques du théâtre documentaire.

 STEFAN : En 5 ?

 CAMILLE : Oui, parce que le 3 c’était art et réel et le 4 c’était art et science… c’est le Triumvirat Je continue… En 6, doit-on faire ce que l’on peut faire ?…. Ça, je le relie aux nanos… En 7, l’art se définit-il comme un miroir ?  Et si c’est un miroir, c’est un miroir de qui, un miroir de quoi ? de toi, d’elle, de moi. Il ne faudra pas oublier de nous positionner en 8, quant à la définition ontologique du réel : « Y a-t-il une définition ontologique du réel ? ». Alors là, je vous vois venir… en m’attaquant de toutes parts. On reprendra à la base. Qu’est-ce que l’ontologie ? C’est là que nous arrivons au 9eme point. Le neuvième point c’est, très pragmatiquement parlant, l’art est-il une copie de la copie du vrai ? En 11. Qu’est-ce qu’être réaliste ?  (Silence / regard) En 12, dans quelle mesure pouvons-nous affirmer que les théories scientifiques nous fournissent une description fidèle du réel ? Ça ressert, on glisse vers Dramaturgie et Cognition en 13, en 14, on ouvre les valves : vaste et essentiel, quelle pensée pour l’art ? et enfin, on dilate, on explose tout en 15, la science a-t-elle pour objet les lois effectives du monde postulant l’existence du réel en-dehors du sujet percevant ?

(Silence / regard) Ça vous va ?

 VIRGILE : Moi, par contre, je trouve qu’il y a quand même beaucoup de questions…

 On va vraiment détailler tout ça tout ça tout ça ?

 CAMILLE : Après, ça pourra s’étaler sur deux jours, mais ça s‘appelle un ordre du jour donc…

 JEAN-CHRISTOPHE : Ben moi je croyais qu’on était là pour faire un spectacle ?!

 CAMILLE : Ben le spectacle on va le faire, là ce qu’on est en train de faire, c’est que l’on prépare le terrain. Il va falloir le cultiver. Quelles questions on va se poser ? Quelle réflexion on a envie de mettre en place avant de monter une forme ? On va pas, on va pas faire directement un spectacle comme ça, dès le premier jour. On va pas faire un spectacle pour faire un spectacle. Ça n’aurait aucun sens, ce serait, ce serait… Ce serait… euh… comme vivre pour vivre par exemple.

JEAN-CHRISTOPHE : Enfin bon moi je pense que dans la définition du réel, c’est important de… De pouvoir définir l’objet du… sur lequel on porte le regard, où…. heu… (gros silence) Faut prendre un exemple ! Par exemple Camille se masse les peaux d’genoux. Ça c’est une réalité ! Cette réalité je peux l’observer. Et pourquoi je peux l’observer ? Parce que j’ai des yeux, c’est donc par le regard, grâce au regard que je peux appréhender cette réalité. Si je me couche sur les cuisses de Camille ça passera par le toucher etc etc, ainsi mes cinq sens me mettent en contact direct avec le réel.

 JULIE : OK donc tu sens que quelque chose existe mais qu’est-ce qui te dit que ta perception correspond au réel ? Le résultat de ce qui passe par tes sens c’est juste une représentation (du réel, de Camille) c’est trompeur les sens… Tu pourrais considérer que Camille est une hallucination… Une sorte de membre fantôme comme le vivent les amputés… (mais bon si on est plusieurs à le percevoir, on peut dire qu’il existe) mais même si tes sens t’indiquent qu’il y a quelque chose peut-être que ta représentation ne ressemble pas à la chose en soi. Si tu étais une chauve-souris Jean-Christophe ta représentation de Camille serait très différente.

 JEAN-CHRISTOPHE : Nan mais en fait ma question elle est simple Julie : est-ce que la phrase ça existe équivaut à la phrase c’est réel ? Une fiction ça existe mais est ce que c’est réel ? Une erreur, une illusion ça existe mais est-ce que c’est réel ?

 JULIE : Bon ben disons qu’une fiction existe vraiment mais qu’elle n’a pas pour but de décrire un objet du monde réel. Le contenu mental existe, il est réel mais faux.

 JEAN-CHRISTOPHE : Hum, d’accord. (Silence) Et les sentiments alors ?

 JULIE : Les sentiments c’est pas pareil c’est ce que la chose me fait comme effet, c’est pas une description tu vois… Ça peut pas être vrai ou faux un sentiment ça existe c’est tout… C’est pour ça que je m’intéresse aux choses, que je porte un intérêt au monde c’est parce qu’il me suscite un sentiment de curiosité sinon j’en aurais rien à faire de le connaître ou de le comprendre.

 JEAN-CHRISTOPHE : Mais t’es quand même d’accord pour dire que les sentiments ne sont pas qu’un moteur qui te pousse à connaître le monde… ils modifient ta perception des choses…

 JULIE : Oui et mes émotions aussi…

 JEAN-CHRISTOPHE : Ah bon ? Alors là on arrive enfin au cœur du problème…

 JULIE : Ce que je veux te dire c’est que certains sentiments échappent à l’investigation scientifique… Par exemple, tu connais l’histoire de Mary. Mary c’est une jeune fille qui vit depuis toujours dans une maison entièrement noire et blanche. Elle n’est jamais sortie. Elle ne connaît que le noir et le blanc. En revanche, elle est spécialiste de la couleur rouge, elle n’en a jamais vu mais elle a tout lu à ce sujet, les livres, les encyclopédies, les thèses, les articles, tout…Un jour, elle décide de sortir de chez elle. Elle passe la porte, prend le chemin et là, paf, elle voit un coquelicot (pause regard public)….ah, c’est ça l’effet que ça fait de voir du rouge… ben tu vois Jean-Christophe, Camille, je peux décrire la représentation que m’offrent mes sens : il est grand, blond, aux yeux bleus… je peux décrire la représentation que la science en a : il a un squelette composé de 206 os, comprenant deux parties, le squelette axial, le squelette appendiculaire…Je sais si c’est un ami, un collègue de travail, un cousin… mais il y a toujours quelque chose d’autre, ou en plus, dans l’effet que nous fait le réel…